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Mind Sparks : L'achat local

Dans un contexte où ce sont les petites et les moyennes entreprises qui soutiennent l’économie, la santé de l’économie dépend inévitablement de l’achat local. Durant de cette table ronde, nous explorons la force du mouvement d’achat local, la flexibilité du terme « local », la nécessité d’une réglementation uniforme et l’apport non négligeable du numérique en temps de pandémie.

 

Participants :

Sarah Gagnon Marin, Directrice, Croissance et innovation, Canada, Sid Lee

Louis-Philippe Mathieu, Directeur de la stratégie numérique, Sid Lee Montréal

Kimberley Pontbriand, Cofondatrice et Vice-présidente, Ergonofis

Louis-Dominic Parizeau, Vice-président marketing, Altitude Sports

Alain Dumas, Directeur général, Le Panier Bleu

Anie Rouleau, Fondatrice et Présidente-directrice générale, The Unscented Company

Wesner Charles, Fondateur, Alimentari

 

Leçon 1 : Définir l'achat local

Par définition, l’achat local désigne le commerce de proximité, délimité par une municipalité, une province, voire un pays. Dans les faits, le terme est loin d’être si rigide. Il serait faux de croire que la légitimité « locale » d’un produit n’est déterminée que par sa provenance ou par le territoire géographique où il est vendu. La réalité est que l’interprétation varie grandement, souvent selon l’industrie à laquelle appartient l’entreprise et son engagement envers le caractère local de son produit. Une marque possédant son siège social à l’extérieur du pays, mais qui exploite des matières premières d’ici, comprend une composante tout aussi locale qu’un commerce qui importe des produits fins, mais qui investit une partie de ses profits dans sa communauté. La nature du produit, la localisation du personnel et les implications communautaires stimulent toutes de réelles retombées économiques bénéfiques au marché local.

 

Leçon 2 : Encadrer le « Made in Quebec »

Alors que la crédibilité d’une entreprise était préalablement sanctifiée par son succès à l’international, depuis la pandémie, l’engouement redoublé pour les produits locaux force une transition où ces mêmes commerçants gagnent à s’afficher en tant qu’entreprise québécoise ou canadienne. La nécessité donc d’avoir une référence qui différencie les produits d’ici des produits d’ailleurs se fait de plus en plus sentir, mais il n’existe actuellement pas ou peu de normes de communications et d’étiquetages pour guider les acheteurs dans leurs choix. Tous les produits ne peuvent être entièrement fabriqués localement, et ce, pour des raisons de disponibilités des matériaux, du personnel ou des technologies, mais la mention « Fait au Québec » utilisée par certains n’illustre pas les subtilités entre un produit « conçu », « assemblé » ou véritablement « fait » au Québec. C’est ce manque de transparence qui fait réagir et qui devrait orienter l’éducation des consommateurs. Un peu à l’image d’Aliments du Québec, les normes d’étiquetage devraient être balisées par un tiers parti et non par les entreprises elles-mêmes qui pourraient se dire plus locales qu’elles ne le sont en réalité, et ainsi dénaturer tout le marché local.

 

Leçon 3 : La valeur au-delà du prix

La perception populaire est qu’un achat local veut inévitablement dire un achat plus dispendieux. Le réflexe a souvent été de justifier le prix en misant sur la qualité supérieure des produits comparativement à ceux de volume, mais toute une panoplie de raisons fait fluctuer les coûts et celles-ci cherchent à s’inscrire dans un système de valeurs partagé par la communauté : des matières premières équitables, de la main-d’œuvre spécialisée, une conscience écologique, des conditions de travail favorables, etc. La compréhension des consommateurs quant à la valeur de leur achat connaît une nette progression depuis quelques années, et cela est notamment attribuable aux efforts de transparence de plusieurs entreprises quant aux frais de production réels, et aux marges de profits souvent bien moindres que leurs équivalents internationaux. De plus, les commerces locaux offrent une valeur ajoutée en stimulant une vie de quartier, un sentiment d’appartenance, et un service convivial ultra-personnalisé. Et n’oublions surtout pas le facteur qui ne se comptabilise pas : la fierté de faire un achat local.

 

Leçon 4 : Balayé par le numérique

Les commerces locaux sont bien souvent plus portés sur l’humain et sur le service personnalisé que sur une forte présence numérique. Alors que plusieurs entretenaient des plateformes sociales à tâtons sans grands objectifs de commercialisation, l’arrivée de la pandémie est venue bouleverser leurs façons d’exploiter leur entreprise et a drastiquement accéléré la migration numérique de masse. Heureusement, une multitude d’outils technologiques faciles d’utilisation et disponibles sur le marché ont pu les épauler. Nombreux sont les commerçants résilients qui se sont bousculés dans la création d’un site Web en espérant contrer les effets du confinement, mais plusieurs ont appris, à leurs dépens, que ce n’était pas suffisant. Sans vraie stratégie numérique, et sans vrai talent pour entretenir leur présence en ligne, il devient difficile de maintenir un niveau d’affaires équivalent à celui d’avant. Ceux qui ont été en mesure de se démarquer l’on fait en exploitant au maximum les plateformes qui répondaient à leurs besoins ainsi qu’en maintenant les communications, le ton et l’image de leur marque. Ils ont réussi à utiliser la force de leur communauté pour maintenir un service personnalisé et un délai de livraison concurrençant celui des géants du Web, en plus de recréer une expérience digne d’un commerce centré sur l’humain.