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Le coeur à la cause : bénévolat

Ce n’est pas une question de gloire ni d’argent. Nos artisans débordent de talent et de générosité. Cette section présente les causes dans lesquelles des personnes comme Stephanie Verge, une créatrice de contenu chez Sid Lee Montréal, choisissent de s’engager personnellement. Elle nous décrit ici comment elle participe à un organisme visant à briser l’isolement social et la solitude des personnes âgées.

 

Tout d’abord, parle-nous un peu de ce que tu fais pour t’impliquer
Chaque semaine, je passe du temps avec M. Gagnon, que j’ai rencontré par l’intermédiaire d’un organisme qui s’appelle Les Petits Frères. La mission de cet organisme est de briser l’isolement social et la solitude des personnes âgées qui n’ont pas de réseau de soutien. Ensemble, on parle, on boit du thé, on mange des club sandwichs, on regarde le baseball, on lit le journal, on écoute de vieux disques, on danse. On fouille Internet de fond en comble pour trouver des classiques de la chanson française et des morceaux du Great American Songbook. Si je n’ai pas déjà retranscrit les paroles d’une chanson qui lui plaît, je les note dans un calepin pour qu’il les ait à portée de main. La musique raconte toujours une histoire. Je sais que pour lui, qui est né au début de la Grande Dépression et qui est aujourd’hui le dernier survivant de sa famille, les mélodies sont remplies de souvenirs.

 

Qu’est-ce qui t’a poussée à appuyer cette cause?
J’ai l’habitude d’être entourée de personnes âgées — mes sœurs et moi sommes les seules « enfants » de notre famille élargie. Étant donné que la moyenne d’âge de mes tantes, oncles, parents et beaux-parents est maintenant 80 ans, je connais les ressources et les services dont disposent les aînés. M. Gagnon est seul aujourd’hui, mais il a un jour été entouré de gens qui l’aimaient. L’une des missions des Petits Frères est de faire en sorte que les aînés ont de la compagnie jusqu’à la fin de leur vie. C’est ce qui m’a d’abord poussée à devenir bénévole — personne ne mérite de finir ses jours dans l’isolement. Mais si je continue de m’impliquer, c’est autant pour moi que pour M. Gagnon. On est une petite famille maintenant.

 

Comment as-tu commencé à appuyer cet organisme?
En 2015, je faisais du bénévolat pour un organisme LGBTQ2+ qui se consacre aux jeunes. J’ai adoré l’expérience, mais je me suis rendu compte que je voulais aussi faire quelque chose en lien avec les personnes appartenant à la tranche d’âge opposée. Dès la première semaine où j’ai commencé à chercher d’autres occasions de bénévolat, j’ai remarqué une voiture arborant le logo des Petits Frères. Le nom a piqué ma curiosité, et j’ai donc consulté le site Web de l’organisme. C’était exactement ce que je cherchais. C’était le destin!

 

Quel est le fait le plus inquiétant que tu aies appris et, pour équilibrer les choses, quel est le fait le plus encourageant?
Selon les données de Statistique Canada, il y a aujourd’hui plus de Canadiens âgés de plus de 65 ans que de Canadiens âgés de moins de 15 ans, et la tendance s’accélère. D’ici 10 ans, près d’un Canadien sur quatre sera un aîné. Un grand nombre de ces personnes âgées se retrouveront aux prises avec la solitude, ayant perdu leurs êtres chers et leur autonomie. Par ailleurs, des études montrent que l’isolement est un facteur de risque associé à la dépression, et même au suicide. Mais je me sens un peu mieux quand je vois le nombre de personnes qui s’impliquent auprès des Petits Frères : 15 000 visites sont effectuées en moyenne chaque année dans l’ensemble du Québec. Les bénévoles visitent les Grands Amis dans leur maison, à leur résidence pour personnes âgées ou à leur chambre d’hôpital.

 

Quel est ton organisme préféré qui cherche à améliorer la situation?
Les Petits Frères, évidemment. Il y a aussi la Fondation Émergence, qui offre depuis longtemps un programme appelé Pour que vieillir soit gai, lequel vise à sensibiliser la population sur les droits et la réalité des aînés membres de la communauté LGBTQ2+ et à favoriser leur intégration dans les différents milieux.

 

Connais-tu des marques qui s’impliquent dans cette cause?
Le marketing ciblant les aînés et traitant des aînés est en général de piètre qualité. (Lisez cet article de Fast Company [en anglais seulement] pour en apprendre un peu plus sur le sujet.) Il reflète l’inconfort généralisé propre à notre culture en ce qui a trait au vieillissement et les problèmes qui y sont liés, comme la solitude et la dépression. J’aimerais voir les marques investir davantage d’énergie à cet égard. Cela dit, il y a bien Revera qui compte une Chief Elder Officer (directrice principale des aînés) — l’infatigable Hazel McCallion — qui est tout sauf isolée.

 

Quel serait le strict minimum que nous pourrions faire pour mieux comprendre la situation et peut-être changer les choses?
Il faut commencer par s’intéresser réellement aux personnes âgées qui font partie de notre famille et de notre cercle social. Les interroger sur ce qu’elles vivent lorsqu’elles sont seules et lorsqu’elles sont en société. Tâchez de ne pas oublier que le fait qu’une personne soit dans un état physique qui peut sembler fragile ne signifie pas qu’elle ne s’intéresse pas au monde qui l’entoure et qu’elle n’est pas en mesure d’interagir avec celui-ci. Concentrez-vous sur l’identité individuelle de la personne et sur les façons dont vous pouvez créer des liens avec elle.

 

Comment peut-on s’impliquer? En versant de l’argent, en donnant du temps ou en faisant de la sensibilisation?
Outre les Petits Frères, il existe une tonne d’organismes voués au bien-être des aînés. Vous pouvez faire du bénévolat dans un centre communautaire, un hôpital, un centre de soins pour personnes âgées, un établissement de soins palliatifs ou un organisme offrant des services de livraison de repas, ou leur faire un don. Ils sont toujours à la recherche de ressources pour former des comités, aider dans les cuisines, travailler dans les boutiques, conduire les patients à leurs rendez-vous, faire des visites à domicile, planifier des événements spéciaux et prendre part aux soins de fin de vie.

 

As-tu un livre, un film, un balado, un compte Instagram ou une autre forme de contenu à nous recommander pour obtenir de l’information?
Il existe deux films québécois qui abordent la question du vieillissement et de l’isolement avec éloquence et empathie. Marguerite, que vous pouvez regarder ici, porte sur la relation entre une femme âgée et son infirmière à domicile. Ce film a été en nomination pour un Oscar dans la catégorie Meilleur court métrage et met en vedette Béatrice Picard, qui est justement la porte-parole des Petits Frères.

Et il y a Les dames en bleu, un documentaire sur la vie de cinq admiratrices de longue date du chanteur de charme Michel Louvain. Leur amour pour lui les guide telle une lumière, une sorte d’étoile du Nord, alors qu’elles — tout comme lui — prennent de l’âge.